• Tout est dans le titre, à vous !

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  • Attention tout d'abord pour ceux qui sont convoqués demain :
    prenez vos précautions pour arriver à l'heure
    MALGRE LES GREVES DES TRANSPORTS EN COMMUN !!!

    En faisant votre sac, vérifiez que vous avez bien
    - votre convocation
    - votre pièce d'identité
    - des stylos, crayons, stabilo... en état de marche
    - votre descriptif
    - votre "porte-vue", dit lutin, comportant les textes photocopiés (= deuxième exemplaire, en plus du descriptif)
    - vos Illusions comiques et Jacques le Fataliste SANS ANNOTATIONS MANUSCRITES
    - une montre ou un réveil.

    Pensez à vous mettre d'accord avec quelqu'un de votre classe pour avoir les deux oeuvres complètes en doubles exemplaires.
    Vous pouvez ajouter une bouteille d'eau, pas la peine de prendre à manger : l'épreuve dure en tout et pour tout 50 minutes !!!

    Habillez-vous confortablement mais de façon sobre et correcte : ni short / tong / serviette ni décolletés plongeants / jean taille éhontément trop basse ou ceintures sur les genoux. Sacha, Gauthier, restez habillés !
    Pas de défilé de mode non plus : vous n'allez pas à l'opéra ou à la fashion week...


    ¤ Vous êtes convoqué soit à 8 h 30, soit à 10 h 30, soit à 14 h : tâchez d'être au lycée un peu avant, mais préparez-vous à l'éventualité d'attendre puisque l'on convoque les élèves 4 par 4. Dans le couloir, quelques règles simples à respecter :
    - ne pas faire de bruit (il serait dommage d'abord que vous gêniez un candidat en train de travailler, ensuite que vous vous fassiez remarquer de votre examinateur)
    - protéger votre concentration et celle de vos copains : cela passe d'abord par  une interdiction formelle de jouer à "Chéri fais-moi peur" en imaginant ce qui peut tomber, ou pas etc.
    - quand un élève de la classe sort, ne pas lui tomber dessus comme la misère sur le monde et ne surtout pas refaire le match : d'abord on est généralement assez mauvais juge de son propre travail (et encore plus d'un travail que l'on ne connaît que par ouïe-dire), ensuite il n'y a rien de pire qu'un élève qui vous dit "tu n'as pas dit ça ? c'était pourtant l'essentiel"
    Donc, chers zouaves, de la dignité et de la solidarité !
    NB. Ce n'est pas parce que l'un d'entre vous est tombé sur le texte X que vous n'aurez pas le même (avec la même question ou avec une autre) quand vous passerez à votre tour...

    ¤ Quand on vous appelle,
    - vous entrez en disant, si possible avec le sourire, mais sans en faire trop, "Bonjour Madame" ou "Bonjour Monsieur" et vous tendez tout de suite les documents.
    - vous placez votre sac avec portable éteint sous le tableau
    - vous ne manifestez ni joie ni terreur (encore moins de l'agacement) à la vue de votre sujet
    - vous allez au fond de la classe travailler, vous faites une bulle autour de vous (boules quies si vous craignez d'être distrait) surtout vous ne passez pas votre temps à écouter celui qui vous précède et les questions qu'on lui pose : cela ne vous apporterait aucune information et vous perdriez du temps !
    - vous rédigez votre introduction dans le bon ordre : situation / lecture (à noter sur le brouillon pour ne pas l'oublier) / problématique / plan adapté à la problématique. Idem pour la conclusion (répondant à la question). Evitez les formules trop lourdes, vous pouvez dire "je"
    - le reste doit être sous forme de notes, y compris des renvois au texte, que vous pouvez allègrement barioler si cela vous chante (et surtout vous est utile). N'OUBLIEZ PAS DE CITER ABONDAMMENT, EN COMMENTANT STYLISTIQUEMENT VOS CITATIONS !!!!

    ¤ Quand vous passez,
    - essayez d'être le plus détendu possible, en même temps que concentré.
    - veillez à vous exprimer dans une langue simple mais correcte, à voix suffisamment forte (mais sans hurler, les examinateurs sont rarement sourds et vous n'êtes séparé d'eux que par un bureau...)
    - surveillez votre montre pour être dans les temps : entre 8 et 10 minutes, maximum
    - n'essayez pas d'établir une connivence maladroite avec l'examinateur, comportez-vous simplement, sans flagornerie, ayant bien à l'idée que pleurer, minauder, jouer au bon élève ou pire encore, dire qu'on était absent le jour où le texte a été étudié avec un regard de chien battu, n'est d'aucun secours (parfois, c'est même le contraire...)

    ¤ Pendant l'entretien,
    - développez vos réponses (sans partir hors sujet) : plus vous entrerez dans le détail, plus vous gagnerez de points, et moins vous aurez de questions (donc de risque de ne pas savoir)
    - si vous ne comprenez pas bien une question, n'hésitez pas à demander à ce qu'elle soit reformulée : l'entretien ressemble à une conversation respectueuse.
    - ne perdez pas vos moyens si vous ne connaissez pas une réponse, ce n'est pas nécessairement très préjudiciable
    - montrez-vous ouvert, souriant, simple - en même temps que rigoureux et précis
    - essayez de vous exprimer de façon vivante (pas nécessairement enthousiaste), pour donner l'impression que vous parlez bien de littérature, et pas de la notice d'une machine à laver...

    ¤ En sortant, n'essayez pas de connaître votre note, ni de l'extrapoler, à partir des réactions de votre examinateur : c'est de l'énergie et du temps perdus, et ce n'est pas nécessairement très bon pour le moral.

    ¤ En rentrant chez vous (ou même avant pour les très modernes à portables sophistiqués), notez tout de suite sous l'article prévu à cet effet :
    - le texte que vous avez eu
    - la question
    - les questions d'entretien dont vous vous souvenez
    - les éléments divers qui vous paraissent pouvoir aider vos camarades passant après vous

    COURAGE LES ZOUAVES, DE L'AUTRE CÔTE DU MIROIR, JE PENSERAI A VOUS... :)

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  • - Soyez au lycée entre 7h30 et 7h45 munis de votre convocation, d'une pièce d'identité, d'une montre, de quelque chose à manger (si possible qui ne fasse pas de miettes, ne laisse pas les doigts gras et dont l'emballage ne fasse pas un bruit d'enfer quand on le défait) et d'une bouteille d'eau. Si vous craignez d'être déconcentré par le bruit (qui est tout de même très limité) vous pouvez aussi prévoir des boules quies.
    - Habillez-vous confortablement, il faut que vous soyez à l'aise.
    - Prenez vos précautions avant le début de l'épreuve pour aller aux toilettes (vous n'aurez pas le droit de sortir avant 1 heure de composition)

    Carnet de citations


    - En entrant dans la salle, vous repèrerez la place qui vous est réservée grâce à une étiquette à votre nom collée sur le bureau. Installez-vous : sortez votre convocation et votre pièce d'identité, vos stylos (vos trousses restent dans votre sac) et vos victuailles. Vérifiez bien que votre portable est éteint et mettez-le dans votre sac. Déposez votre sac sous le tableau.

    - AVANT que commence l'épreuve, préparez vos copies. En général vous avez sur votre table une seule copie et très peu de brouillon. N'hésitez pas à demander d'emblée une seconde copie et davantage de brouillon si vous craignez d'être un peu juste. Vous aurez bien sûr la possibilité de demander d'autres feuilles durant l'épreuve.
    Sur la copie, renseignez bien toutes les lignes : Nom, prénom(s), date de naissance, numéro de candidat (indiqué sur votre convocation et sur l'étiquette de votre table), session (juin 2010), section (ES ou L), spécialité (Sc Po, Théâtre...), intitulé de l'épreuve (EAF) etc. Si vous avez un doute, demandez aux surveillants de la salle.

    Carnet de citationsQuand le sujet sera distribué, vous aurez aussi le code de l'épreuve (sur la première page du sujet, réinscrit au tableau) : il faudra aussi le reporter sur l'en-tête (à deux endroits)

    - Avant de vous mettre à composer, quand vous découvrirez le sujet, prenez bien le temps de tout lire (même l'intitulé du sujet sur la première page, indiquant l'oblet d'étude concerné) et surtout le paratexte : nom de l'auteur, date de composition. Ne confondez pas le texte et la présentation du texte, lorsqu'il y a en une (elle ne fait pas partie des textes mais est une aide fournie par les concepteurs du sujet). Cela vous évitera certains contresens.

    - Idem pour le sujet et les questions : ne vous précipitez pas, vérifiez que vous avez bien compris, avant de vous lancer. Prenez quelques minutes pour choisir le sujet d'écriture et ensuite tenez-vous à votre choix.

    - Pendant l'épreuve, si vous avez une copie à petits carreaux : SAUTEZ une ligne, afin d'être parfaitement lisible.

    - A la fin de l'épreuve : prenez le temps de vous relire. Si vous écrivez à l'encre bleue effaçable (encre pas trop pâle), il vous sera plus facile de vous corriger, avec un effaçeur. Effacer ou blanchir une erreur, c'est bien, mais n'oubliez pas de récrire votre correction... On trouve trop souvent des copies à trous dans lesquelles les élèves ont oublié certains mots...
    Enfin, numérotez chacun de vos feuillets dans le petit cadre en bas à droite de vos copies. Par exemple si votre travail tient sur 1 copie double, elle comportera 4 feuillets (des rectos) que vous numéroterez 1/4 ; 2/4 ; 3/4 ; 4/4.

    - Lorsque vous rendrez votre copie, le surveillant vous restituera votre convocation (qu'il aura récupérée lorsqu'il aura vérifié, en début d'épreuve, votre identité et vous aura fait émarger - c'est-à-dire signer - la feuille de présence). Ne la perdez pas, elle vous sera nécessaire pour la suite ! (Pour ceux qui composent dans la salle de M. Chef, vérifiez avec lui qu'il n'égare rien...)

    Allez, maintenant vous êtes armés, tout va bien aller !

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  • Aloysius Bertrand (1807-1841) est un poète romantique qui a notamment fréquenté  Hugo . L'entourage hugolien lui reconnaît du talent, mais le jeune homme sombre dans la misère et meurt, à 34 ans à peine, d'une phtisie (maladie pulmonaire) à l'hôpital.

    Il est pourtant l'inventeur du poème en prose, dans ce splendide recueil posthume, Gaspard de la nuit. Très apprécié par Sainte-Beuve, par exemple, qui l’honora d’une préface, ce recueil resta longtemps dans l’obscurité.

    Vingt ans plus tard, Baudelaire rend hommage à ce précurseur de génie, dans sa préface au Spleen de Paris. Ce poète donnera d'ailleurs tout son éclat au genre du poème en prose - preuve s'il en est que la poésie n'est pas forcément versifiée.

    Par la suite, la renommée d'Aloysius Bertrand croît de même que son influence. On décèle dans Gaspard toute une imagerie romantique du Moyen-âge, le fantastique du romantisme allemand, l’influence du roman gothique. Hugo, Gautier, Byron et Nodier se mêlent dans ces superbes tableaux, tous centrés sur la vie intérieure. Portée aux nues par les surréalistes au XXème siècle, cette œuvre a inspiré Le Cornet à dés de Max Jacob, mais aussi Ravel qui a mis en musique trois de ces tableaux, Ondine, Le Gibet et Scarbo.

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  • Roman

    I

    On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
    − Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
    Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
    − On va sous les tilleuls verts de la promenade.
    Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
    L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
    Le vent chargé de bruits, − la ville n’est pas loin,
    A des parfums de vigne et des parfums de bière...

    IICarnet de citations

    − Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
    D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
    Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
    Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
    Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
    La sève est du champagne et vous monte à la tête...
    On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
    Qui palpite là, comme une petite bête...

    III

    Le cœur fou Robinsonne à travers les romans,
    − Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
    Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
    Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père...
    Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
    Tout en faisant trotter ses petites bottines,
    Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif...
    − Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...

    IV

    Vous êtes amoureux. Loué jusqu’à mois d’août.
    Vous êtes amoureux. − Vos sonnets La font rire.
    Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
    − Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire... !
    − Ce soir-là,... − vous rentrez aux cafés éclatants,
    Vous demandez des bocks ou de la limonade...
    − On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
    Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.


    Arthur Rimbaud,

    29 septembre 1870


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