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Clément Marot, "A une demoiselle malade"
Par CBS dans Poème du soir, bonsoir le 15 Octobre 2009 à 07:51
Ma mignonne,
Je vous donne
Le bon jour;
Le séjour
C'est prison.
Guérison
Recouvrez,
Puis ouvrez
Votre porte
Et qu'on sorte
Vitement,
Car ClémentLe vous mande.
Va, friande
De ta bouche,
Qui se couche
En danger
Pour manger
Confitures;
Si tu dures
Trop malade,
Couleur fade
Tu prendras,
Et perdras
L'embonpoint.
Dieu te doint
Santé bonne,
Ma mignonne.
Tags : malade, clement, mignonne, demoiselle, marot
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Commentaires
Vous avez raison : la reprise du premier vers à la fin donne une impression de boucle bouclée. Marot donne à cette épître de la Suite de l'Adolescence clémentine une forme très pétillante et engageante à la fois par ce procédé (on dirait un refrain et le poème peut être chanté) et l'utilisation de vers très brefs.
Marot est effectivement un contemporain de Rabelais (et de Marguerite de Navarre). Il est considéré comme le "Prince des poètes" du règne de François Ier, avec lequel il entretient des relations complexes. Protégé par Marguerite de Navarre, il est à certaines périodes très proches du roi. Toutefois, à la fin de sa vie, il sera contraint de s'exiler du fait de ses positions religieuses qui ne correspondent pas à la politique royale. Mais j'y reviendrai dans le cours d'introduction de la séquence 2, qui portera sur la poésie humaniste.
En tout cas, Amal, vos questions sont très pertinentes et votre engagement fait plaisir à voir !3MagdalénaVendredi 16 Octobre 2009 à 11:30On a une impression de balancement à chaque retour à la ligne, comme si c'était impossible de lire ce poème sans y mettre une intonation particulière... Je ne sais pas si c'est le procédé voulu mais c'est en tout les cas selon moi le résultat obtenu.
Les rimes sont très proches les unes des autres ce qui rend à l'oral la lecture plutôt agréable.
Eh oui, c'est l'effet produit par ces vers très brefs, trois syllabes seulement. De plus le balancement est accenté par l'alternance de rimes féminines (qui finissent pas un -e) et de rimes masculines (toutes les autres), procédé instauré de façon systématique par Marot, précisément. En effet, lorsque la rime est en -e cela rallonge un tout petit peu le vers. Du coup le rythme, tout en restant régulier, est légèrement déséquilibré. Et les musiciens qui mettent les poèmes en musique ne manquent pas de s'en servir.
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le premier et le dernier vers sont les mêmes. Cela suffit à justifier le fait que ce poème est circulaire?