• Clément Marot, "A une demoiselle malade"

    Partenariat Moissan-Paris VII

    Ma mignonne,
    Je vous donne
    Le bon jour;
    Le séjour
    C'est prison.

    Guérison
    Recouvrez,
    Puis ouvrez
    Votre porte
    Et qu'on sorte
    Vitement,
    Car Clément
    Le vous mande.

    Va, friande
    De ta bouche,
    Qui se couche
    En danger
    Pour manger
    Confitures;
    Si tu dures
    Trop malade,
    Couleur fade
    Tu prendras,
    Et perdras
    L'embonpoint.

    Dieu te doint
    Santé bonne,
    Ma mignonne.

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  • Commentaires

    1
    Amal Hamdaoui Profil de Amal Hamdaoui
    Jeudi 15 Octobre 2009 à 19:18
    Peut-on dire que ce poème à une forme circulaire?  :

    le premier et le dernier vers sont les mêmes. Cela suffit à justifier le fait que ce poème est circulaire?

    Question d'histoire ... hum... Marot a vécu à la même époque que Rabelais...? car je pense qu'eux deux ont connu François 1er.
    2
    CBS Profil de CBS
    Vendredi 16 Octobre 2009 à 10:12
    Vous avez raison : la reprise du premier vers à la fin donne une impression de boucle bouclée. Marot donne à cette épître de la Suite de l'Adolescence clémentine une forme très pétillante et engageante à la fois par ce procédé (on dirait un refrain et le poème peut être chanté) et l'utilisation de vers très brefs.
    Marot est effectivement un contemporain de Rabelais (et de Marguerite de Navarre). Il est considéré comme le "Prince des poètes" du règne de François Ier, avec lequel il entretient des relations complexes. Protégé par Marguerite de Navarre, il est à certaines périodes très proches du roi. Toutefois, à la fin de sa vie, il sera contraint de s'exiler du fait de ses positions religieuses qui ne correspondent pas à la politique royale. Mais j'y reviendrai dans le cours d'introduction de la séquence 2, qui portera sur la poésie humaniste.
    En tout cas, Amal, vos questions sont très pertinentes et votre engagement fait plaisir à voir !
    3
    Magdaléna
    Vendredi 16 Octobre 2009 à 11:30
    On a une impression de balancement à chaque retour à la ligne, comme si c'était impossible de lire ce poème sans y mettre une intonation particulière... Je ne sais pas si c'est le procédé voulu mais c'est en tout les cas selon moi le résultat obtenu.
    Les rimes sont très proches les unes des autres ce qui rend à l'oral la lecture plutôt agréable.
    4
    CBS Profil de CBS
    Vendredi 16 Octobre 2009 à 18:42
    Eh oui, c'est l'effet produit par ces vers très brefs, trois syllabes seulement. De plus le balancement est accenté par l'alternance de rimes féminines (qui finissent pas un -e) et de rimes masculines (toutes les autres), procédé instauré de façon systématique par Marot, précisément. En effet, lorsque la rime est en -e cela rallonge un tout petit peu le vers. Du coup le rythme, tout en restant régulier, est légèrement déséquilibré. Et les musiciens qui mettent les poèmes en musique ne manquent pas de s'en servir.
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